16 janvier 2012
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D’avoir un livre près de soi, sur sa table de chevet, il lui semblait, en effet, qu’elle était protégée des dangers de la nuit ; le signet était là, comme un pied-de-biche, un coin fiché dans le noir, l’arme qu’elle s’était choisie pour entrebâiller le temps, pour empêcher qu’il ne se referme sur elle à l’improviste : aussi, quand elle venait de finir un livre, en commençait-elle aussitôt un autre, avec la hâte fébrile du soldat qui traverse un pré à découvert, et jamais Laurence n’aurait accepté de s’abandonner au sommeil sans avoir serré contre elle le petit volume rectangulaire, riche encore de terra incognita, qui lui était comme la promesse chaque jour renouvelée de la continuité du monde.
Christophe Pradeau – La Souterraine |
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